Les miss, le colorisme et Mayotte, une histoire de “je t’aime moi non plus”.

La victoire de Myriam Cassim au concours international “Super talent of the world” est une belle victoire pour Mayotte alors que les avis sur les réseaux restent mitigés. Le concours n’ayant pas vraiment de reconnaissance ni la notoriété de ses homologues Miss Monde ou Miss Univers, cette belle victoire de Myriam met la lumière sur la réalité des titres existant et porté par nos jeunes femmes mahoraises.

Ravie pour Myriam et touchée de fierté par son parcours, je suis néanmoins confrontée à une question qui, depuis quelques temps, me taraude et à laquelle je ne voulais pas faire face. Pourtant, depuis notre récent séjour en Tanzanie avec Ousna Attoumani, j’ai pris en pleine figure le colorisme que nous cachons sous les belles facettes des concours de beauté. Et dont j’ai fait le jeu sans même m’en rendre compte.

Récemment, Eva Labourdère alors élue Miss Mayotte 2019 pour le concours Miss France 2020 a répondu à une interview pour May’people, expliquant qu’il est difficile pour elle d’avoir à justifier de ses origines mahoraises.

Couverture du May’people avec Eva Labourdère, Miss Mayotte 2019

Je me pose la question suivante : Quelle est la réalité pour les mahoraises derrière les titres de miss et cette visibilité pour Mayotte que l’on vend à toutes les sauces pour décrocher reconnaissance et subventions ?

Pour avoir été au coeur de l’organisation Miss Mayotte et pour avoir construit 2 ans de stratégie pour le titre, je peux vous assurer que j’ai énormément appris sur la gestion parfois limite de l’image d’une miss à Mayotte.

Ma première année en tant que chargée de communication pour l’organisation Miss Mayotte a été marquée par la victoire de Vanylle Emasse, métisse “lightskin” comme on aime le dire, non native du territoire et qui, avait fait un buzz incroyable avant Miss France. J’ai usé de tout ce que je pouvais pour atténuer le feu qui brûlait notre jeune miss élue sur le bûcher du ” elle n’est pas mahoraise !”, “elle ne mérite pas de nous représenter !”, “elle ne parle pas la langue !” ou encore la fameuse sortie de route de la journaliste en plateau pour le 1er JT de Vanylle : ” on dit que votre père est africain (…)”. Cette jeune femme par son sang froid et son intelligence m’avait bluffée, calmement et sereinement, elle a répondu qu’elle portait ce titre et qu’elle en ferait honneur pour Mayotte.

Pour “calmer” les “on dit que”, lors du retour de Vanylle dans son village, j’ai fait poster un portrait de famille de la miss en salouva aux côtés de son papa, sa belle-mère et ses demi-soeurs. Photo alors devenue virale et bouclier contre les ragots qui racontaient qu’elle n’était pas “noire” et “locale”. Ce portrait de famille a servi de justificatif pour les gens qui réclamaient alors que l’on justifie les origines de la miss et sa légitimité d’être l’ambassadrice de Mayotte. Ce fut une année éprouvante à bien des égards pour la miss et pour nous, association, qui devions à chaque instant être sur le qui-vive. Nous avions passé l’année à JUSTIFIER la légitimité de Vanylle Emasse à être Miss Mayotte, au point parfois de décourager la jeune femme. Cette histoire ne date pas d’hier et le délégué régional avait déjà eu à répondre de ses responsabilités concernant les critères de sélection des candidates pour le titre.

Quand en parallèle, chez Miss Prestige (devenue depuis Miss Excellence) Mayotte, les critères sont semblables sauf sur un point : les langues parlées. Un point d’honneur qui fait défaut chez Miss Mayotte puisque la miss n’a pas l’obligation de parler une des langues régionales étant donné “qu’elle ne lui servira à rien à Miss France, il suffit de parler français et d’être Française pour représenter la France.” Chacune des positions se tient et se défend, tout dépend du point de vue.

L’année suivante c’est Ousna Attoumani qui devient Miss Mayotte, une “vraie mahoraise” à en croire les critères exigés lors de l’année de Vanylle, qui parle français, kibushi, shimaore, espagnol, anglais et même un peu de mandarin. Mais encore une fois, les railleries fusent : la miss serait trop noire ! Elle ne correspondrait pas assez aux critères de beauté avec ses cheveux crépus et son nez trop épaté… Une fois de plus quel émerveillement j’ai eu pour cette jeune femme de 20 ans, tête bien faite sur des épaules solides. Fière d’être une porte parole pour une jeunesse noire bafouée, Ousna a su véhiculer une image et un discours positifs à l’égard de toute la population noire de Mayotte (et au delà) dont elle fait partie. Cette année là fut aussi éprouvante pour la miss et pour l’association, et je me suis encore une fois arraché les cheveux pour éviter que la miss soit une fois de plus exposée au… COLORISME ! Voilà le mot est lâché ! Autant sur l’année de Vanylle je parlais de xénophobie voire de racisme, autant sur l’année de Ousna j’ai compris qu’il s’agissait plutôt de ce mal être qui nous ronge tous : le colorisme.

Le colorisme : qu’est-ce que c’est ?

Le colorisme est un terme popularisé par l’écrivaine Alice Walker, c’est une discrimination subie par les personnes à la carnation foncée (et les attributs qui leurs sont attitrés), qui sont dévalorisées par rapport aux carnations claires. C’est un des héritages du colonialisme : en envahissant les pays du continent Africain et d’Asie, les populations Européennes, ont aussi importé et imposé leurs canons de beauté, sans compter le lourd héritage de l’esclavage (qui avait commencé bien avant celui des Européens) et de la traite négrière qui faisaient travailler les plus noirs dans les conditions les plus difficiles et les teints plus clairs à des tâches plus proches des maîtres (les nègres de maison). Dans nos populations aux phénotypes noirs, on a intégré depuis des siècles la détestation des peaux sombres et la glorification des peaux claires et de leurs attributs (cheveux lisses, yeux clairs…).

Quelles conséquences sur nos titres de Miss à Mayotte ?

Comme dans toutes les communautés noires : le rejet de soi.

On a intégré le racisme au sein même de nos sociétés, d’autant qu’à Mayotte nous sommes français et que nous “souffrons” de cette double appartenance. Car être français c’est, être blanc. Or nous, peuples bantoues, métissés des cultures Swahili, Sakalaves, Arabes.. avons aussi hérité de cette pression occidentale sur nos critères de beauté. On idéalise des standards qui ne sont pas les nôtres, on cherche à ressembler à des beautés qui ne sont pas les nôtres et on rejette nos propres identités, comme tous les peuples ayant été colonisés. La couleur de nos peaux et la texture de nos cheveux affectent directement l’image et la confiance en soi de manière négative. Au point où, nous faisons nous aussi la richesse des industries cosmétiques et capillaires en recherchant à dénaturer nos peaux et cheveux pour se rapprocher au plus près des standards de beauté blancs. Car le noir et ses attributs physiques sont automatiquement associés aux classes socio-économiques et culturelles les plus défavorisées, soit des marqueurs identitaires péjoratifs.

Les élections des miss sont le parfait reflet de cette schizophrénie et bipolarité dans laquelle nous plongeons nos jeunes femmes chaque année. Pourquoi le titre de Miss Mayotte ne rassemble plus autant nos jolies jeunes femmes et pourquoi le titre Miss Excellence gagne aussi vite du terrain ?

Cette question je ne saurais y répondre facilement car elle soulève plusieurs facteurs.

Myriam Cassim au concours Super Talent – Crédit photo Mayan’art

La victoire de Myriam Cassim au concours Miss Excellence France alors qu’elle était l’une des seules miss de “couleur” puis sa consécration à Super talent of the world alors qu’elle était la seule femme noire à concourir, est une victoire pour tout le monde et pas seulement Mayotte. Elle porte sur ses épaules la responsabilité de représenter LA femme noire dans toutes ses différences, qu’importe la résonance que ces concours ont, elle porte avec fierté sa beauté naturelle et représente un pas vers l’acceptation de ce que nous sommes pour nous-même. Myriam n’est certes pas l’incarnation de la femme “noire” telle que l’on s’imagine, elle reste “rassurante” pour l’Europe, et à contrario, je pense sincèrement, et ce n’est pas une critique mais bien un constat, qu’une Ramatou ou une Ousna n’auraient jamais pu avoir le même parcours quelque soit leur niveau de confiance et de self-esteem, car leurs attributs physiques ne sont pas encore acceptés dans les standards de beauté.

La victoire de Myriam me fait surtout penser, et c’est la raison pour laquelle j’écris ce billet, que nos miss n’ont pas encore la place rêvée dans les grands concours Miss France et ses rayonnements internationaux. C’est une réalité à laquelle nous devons faire face et arrêter de fuir ou de cacher derrière de beaux discours. Car oui, c’est une réalité, une miss noire, qui ressemble à la majorité de la population de Mayotte, ne sera pas élue Miss France, la France n’ayant encore besoin d’être rassurée sur les beautés noires et leur rayonnement. On préférera une métisse teint moyennement foncé, avec des cheveux bouclés à frisés mais pas plus. Je ne jette ni la pierre ni la faute, je constate. Le chemin est encore long alors ce n’est certainement pas le moment d’abandonner. Des miss noires (for real) il y en a eu dans le top 3 miss France, mais aucune n’a encore décroché le titre si je ne compte pas Corinne Coman en 2003. Oui Morgane Edwige a représenté la France à Miss Monde, en tant que 1ère dauphine de Miss France, mais avec un tissage alors que nous avions tous adoré voir son afro 4C défiler devant la France entière. Ce n’est plus suffisant, nos miss Dom-Tom qui rencontrent le plus de succès ne sont pas les darksin mais bien les lightskin, pour résumer, les métisses ont clairement plus de chances. Voilà pourquoi, Vanylle Emasse ou cette année encore Eva Labourdère sont qualifiées de, je cite : “enfin une belle miss pour Mayotte” par les communautés de fans de miss, quand Ousna, Ramatou, ou Naïma ne sont même pas regardées. Les autres DOM-TOM n’ont pas la même histoire que nous, ni origines ni brassages/ métissages, nous ne pouvons donc pas être mis dans le même panier et comparer nos miss Mayotte avec une antillaise ou une tahitienne. Oui, Mayotte est différente, acceptons-le et faisons avec.

La même chance pour toutes ?

Non, clairement non.

Doit-on pleurer ? Hurler ? Se révolter ? Non.

On doit travailler sur nous, travailler à nos beautés avant d’exiger que les autres nous trouvent belles. Nous devons apprendre à nous aimer telles que nous sommes, à nous valoriser selon notre propre mode de pensée et nos propres modèles de beauté.

Je crois fermement que cela ne peut pas être possible au sein du comité Miss Mayotte lorsqu’à la tête se trouve un homme blanc, aussi dévoué soit-il. Comment peut on encore en 2019 confier la gestion d’un concours de beauté sur un territoire comme Mayotte, à un regard et système de pensée qui, consciemment ou inconsciemment, ne comprend pas et ne se fond pas dans le mode de pensée des femmes et particulièrement des femmes noires ? On ne peut pas parler à notre place, c’est avec cette clef que l’on a ouvert les portes de l’afro-féminisme et il est temps que l’on dépose le sujet sur la table. Qui est mieux placé pour parler et valoriser les beautés des femmes mahoraises ?

De ce que j’observe, le comité Miss Excellence Mayotte est pris en main par des femmes qui parlent le langage des jeunes femmes concernées par le concours. Personne n’est parfait bien évidemment, mais elles ont sûrement compris que l’enjeu des miss à Mayotte se trouve dans la représentativité. Et qui de mieux que des personnes étant en harmonie avec les standards de beauté pour parler cette même beauté ? Pour avoir été à l’intérieur du concours Miss Mayotte, le titre Miss Mayotte repose sur le simple fait qu’il emmène au concours Miss France, concours qui fait rêver les jeunes femmes et qui est imbattable en terme de notoriété.

C’est vrai, Miss France c’est le titre qui fait rêver, et pas vraiment Miss Excellence; Miss Univers et Miss Monde font rêver, et pas vraiment Super talent of the world. Mais au final, qui, ces gros concours, font-ils rêver ? Ils font rêver celles qui s’y sentent représentées, qui y verront leur place et leur légitimité à donner d’elles pour les occuper.

Les autres concours sont plus petits et les miss y vont mieux préparées. A l’inverse, on aura beau travailler pour “emmener Mayotte le plus loin possible à Miss France”, on n’ira nulle part tant que nos jeunes femmes ne seront pas traitées à leur juste valeur. Et qui décide de cela ? J’ai fait l’énorme erreur de ne pas le comprendre avant, lorsque je regarde mes 2 ans de bénévolat pour Miss Mayotte je suis triste, j’ai clairement failli à ma mission : celle de nous faire rêver ! Celle de faire rêver les jeunes femmes et de créer une projection de nous-même sur leur parcours. Je n’ai pas vu qu’il existe des barrières invisibles à nos beautés sur ce titre, qu’il sera toujours polémique et problématique tant que le référentiel ne sera pas le bon.

Verrons-nous cette année Zozibini Tunzi (Miss Afrique du Sud) remporter le titre suprême de Miss Univers ou sera-t’elle dauphine comme l’a été Davina Bennett (Miss Jamaïque) en 2017 ? Ces deux pays ont pour moi, élus des miss à leur image et c’est ça que l’on veut : elles ne répondent pas aux standards de beauté que l’on pense être ceux de Miss Univers, des critères européocentrés. Ils ont “osé” envoyer des filles noires, nez épatés, afro crépus, corps non retouchés par des centaines d’actes chirurgicaux comme on connait la pratique chez certaines miss des pays Latins… ils ont osé et le pari est réussi ! Alors je pose la question : ce pari sera-t’il possible un jour pour la France ?

Cette question n’est pas anodine, on ne peut pas mentir encore plus longtemps en se disant qu’il faut envoyer à Miss France une miss Mayotte métisse, pour satisfaire à la fois les mahorais et à la fois la France afin d’avoir nos chances. Qu’est-ce qui compte au final ? Je l’ai réalisée en Tanzanie où Ousna était “légitime” en tant que miss de Mayotte car elle correspond à l’idée qu’ils se font de Mayotte, une île Africaine dans l’Océan Indien. On avait changé de référentiel et tout d’un coup Ousna était à sa juste place : on l’attendait en tant que reine de beauté qu’elle est, alors qu’elle “n’a même pas décroché le top 12 à Miss France”. Elle était nobody à nos yeux à Mayotte car nous la regardions avec des yeux européo-centrés quand la Tanzanie louait sa beauté avec des yeux africano-centrés. Nous voulons être Miss France tout en étant bantoues… la schizophrénie reprend, nous sommes tiraillés et tant que nous ne nous poserons pas en tant que référentiel de notre propre idée de la beauté mais que nous voudrions ressembler et plaire au référentiel de la France dans lequel nous n’avons pas encore notre place, nous ne remporterons pas de titre.

Myriam Cassim a décidément toute mon admiration pour la simple et bonne raison, quelle a décidé d’emmener SON référentiel beauté à d’autres concours plus “petits” mais qu’elle remporte haut la main. Certains ont dit :” pffff facile de gagner de si petits concours, il n’y a aucun mérite.”. Si il y a le mérite d’y aller, il y a le mérite de dire que si je n’ai pas ma place sur les podiums où l’on ne veut pas de moi, j’irai moi même créer ma chance et la saisir. C’est ce qu’elle a fait. Elle n’a pas décroché le titre Miss Mayotte en 2016 mais n’en a pas fait un drame. Elle a travaillé et frappé à une porte où on voulait d’elle. Elle va là où on l’attend.

Nos miss de Mayotte sont-elles “vouées” à ne réussir que sur des petits concours ? Peut-être, et alors ? Nous gagnons, et petit à petit nous gagnons aussi à installer la vérité que, nous, femmes noires, avons notre place PARTOUT. Et nous irons les chercher, les créer petit à petit jusqu’à ce que les concours ne puissent plus faire sans nous. Mesdemoiselles, présentez-vous, inondez les podiums, croyez en votre beauté et travaillez la dans le bon référentiel !

Calendrier que j’avais réalisé pour l’organisation Miss Mayotte en 2018

❤️ Merci Moina Hassani, 1ère miss Mayotte à avoir emmené l’écharpe sur la scène de Miss France, d’avoir ouvert la voie à toutes les jeunes femmes qui ont emprunté ce chemin derrière toi, car tu as rendu possible ce rêve d’être miss Mayotte noire et crépue sur une scène où nous n’existions peu voir pas.

❤️ Alors merci Myriam, merci Ousna, merci Aïchat, merci Naïma, merci Ramatou, merci Daniati, merci Maïté, merci Salima, merci Natacha, merci Nayma, merci Karida, merci Nasma, merci Aïcha, merci Stanisla d’y avoir cru pour nous et d’avoir essayé.

❤️ Merci aux miss métisses, qui ont aussi tenté leurs chances et qui malgré tout ce que l’on voudra dire, sont aussi nos ambassadrices à une certaines échelle, car oui, Mayotte est métissée et nous comptons parmi ses enfants : Vanylle, Ludy, Maeva, Esthel, Elodie et Elisabeth. Merci d’avoir vous aussi porté l’écharpe et mené un combat difficile en tant que personne métisse, sur notre territoire plein de batailles sur l’acceptation de soi. Merci Eva Labourdère qui, cette année encore, portera les couleurs du métissage de Mayotte sur la scène de Miss France. Tu n’as pas à justifier tes origines, tu sais qui tu es et ce que tu veux. Mon seul conseil c’est de placer ton référentiel dans celui de Miss France et non l’inverse.

Le chemin est long les amis, il est temps de se mettre au travail et de nous accepter tels que nous sommes.

Sommes nous prêts à travailler réellement sur notre référentiel ?

💋

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21 thoughts on “Les miss, le colorisme et Mayotte, une histoire de “je t’aime moi non plus”.”

  1. J’adore j’adore et merci à toi Jane d’embellir Cette île qui t’appartient et nous appartient et d’ouvrir les yeux à ceux qui aiment boire le verre à moitié vide . Merci beaucoup à toi Tata Jane

    1. ❤️ merci à toi d’avoir pris le temps de le lire et de comprendre le message ❤️ il n’appartient qu’à nous de travailler sur nos ce que nous voulons vraiment

  2. Vraiment toujours un plaisir de te lire. Toujours dans des mots justes. Je pense effectivement qu’on en est loin, y a qu’ a voir l’exemple de nos mariages. Cheveux lisse et teint clairs oblige pour parler d’une belle mariée. Alors oui le chemin est long mais il faut justement des personnes comme toi pour sensibiliser et revendiquer haut et forts une autre mode de penser la beauté mahoraise.

    1. Je te remercie, je pense cependant qu’il faut qu’on s’y mette tous, je n’ai fait que poser des mots sur une analyse, maintenant il faut panser nos maux, cicatriser et renaitre ❤️

  3. Un très bon article qui mérite d’être lu par tous les mahorais. Tu as su mettre en lumière l’un des gros problèmes qu’on à Mayotte. Le colorisme un problème réelle qui montre à quel point la femme mahoraise souffre du fait de son identité africaine. Il est temps que cela cesse, la femme mahoraise doit être valorisé à juste valeur si on veut un jour représenter Mayotte comme il se doit au concours Miss France. Il faut que les mahorais soit sensibilisé sur ce fléau car c’est l’avenir de la femme mahoraise qui est en jeu. Il y’a une chose que j’ai constaté qui n’a rien avoir avec miss France c’est que la glorification des femmes au clairs sur notre îles fait que les hommes mahorais veulent épouser des femmes au teints claire ou des femmes blanches pour avoir des enfants avec teint claire ou métissé et ça aussi très grave car c’est une question d’éducation. Si on éduque non enfant ainsi que vas t il advenir de nos enfants. J’ai moi-même déjà fait face à ce problème ou un jeune homme qui voulait se mettre en couple avec moi m’a dit “tu m’intéresses beaucoup car tu es exactement le type de fille que je recherche tu es claire de beau tu es belle et tu as de beau cheveux” au début je trouvais ça normal mais après avoir fait un travail sur moi-même et après des recherches sur internet je suis tombé sur une vidéo sur le colorisme et depuis je vois les chose telles quels sont les mahorais participent à une discrimination des leurs sans s’en rendre compte et ce fléau ne trouvera fin que si l’on n’en parle.

    1. Waw !! c’est violent ce que tu dis là ! c’est tellement dommage pour ce jeune homme de tenir un tel discours….c’est très triste. Comme tu le dis il s’agit d’une éducation, le chemin est long mais si on se pose les bonnes questions on y arrivera.

  4. Des propos nets et précis pour énumérer des choses qu’on essaie d’oublier et qui sont des frontières invisibles pour nous voilà tu as raison de prendre la parole et d’exprimer ce sentiment de manque de confiance de nos miss dû à des critiques et des propos disproportionnés! #un jour nous seront en haut du podium croyons en nous à nos justes valeurs Peace ✌🏽

    1. si cela permet de créer une cohésion et un nouveau regard plus juste sur nos beautés a lors tant mieux. Toutes les beautés se valent, les nôtres ne valent pas moins, à nous de l’exiger ❤️

  5. Pour le coup j ai bien aime lire l article et me suis dit enfin ! Elle a eu le courage de le dire.
    Sa peut-être mal interprété sur certains aspects mais si non c es assez véridique et je crois que pour aller vers ce qu on voudrais vers ce que tu soulève il faut que l on accepte déjà cette vérité et qu on s accepte aussi en tant que noir africains pour pouvoir s aimer et nous accepter

    1. et il n’y a aucun mal à s’accepter tel que nous sommes dans notre référentiel, c’est tout bonnement logique. ça me rappelle la fable de la grenouille qui voulait être aussi grosse que le boeuf…

  6. Merci pour cette article. Enfin une qui ose dire les choses telles qu’elles ! Les femmes mahoraises sont belles et oui surtout les femmes au teint foncé elles ont un charme moi j’adore. J’espère que Eva ira loin à Miss France.

  7. Honnêtement tu as oser dire ce que d’autre n’aurais jamais sû dire haut et fort comme Jane D’arc (ps. on te brulera pas au bûcher 😉 ) et pour ça bravo pour le courage que tu as eu d’avoir parler dans cette article (qui est très bien d’ailleurs) sur un sujet tabous qui nous fait prendre conscience sur la réalité dans le monde du spectacle et je parle là des concours de beautés. Ce qui montre qu’en dehors des feux d’artifices et des paillettes ont a là un réel problème sur le colorisme moi même ayant le teint métissé et me fessant lyncher par mes propres camarades pour ma couleur de peau et mon language par moment. Enfin bref, pour moi tu n’as pas échouer durant ces 2 ans passée à faire du bénévolat pour Miss Mayotte tu as malgré tout eu un impacte dans la mentalité de certains même si c’est une minorité celà compte beaucoup car c’est juste une question de temps pour que le monde évolue enfin dans sa mentalité. Et pour les critères de beauté je trouve déjà pas mal que dans Miss France on voit miss guadeloup 2017 Ruth Briquet pouvoir faire sa présentation avec ses deadlocks comme Myriam Cassim rien n’est joué et il faut savoir s’imposer, trouver un moyens de donner une image saura raliée les deux pensées et que tu nous as exposées africano-centré et européo- centré comme tu dit sans pour autant jouer la carte du métissage( sans être vexante pour elles) car oui c’est vrai on est une île métissé mais pas que et dans le monde de la beauté tout le monde doit être acceptée tel qu’il est (dailleurs le mot critere doit être a bannir de ces concours ), les personnes métissés et les personnes à peau noirs sont toutes aussi victimes de ce problème de confiance sur le critère de beauté.

    1. ❤️merci à toi d’avoir pris le temps de lire et de comprendre si justement mes mots. Les concours de beauté sont de plus en plus inclusifs, mais ils évoluent à une vitesse proportionnelle à celle des société dans lesquelles nous vivons. Sonia Rolland en a bavé aussi mais chacune apporte une pierre à l’édifice et petit à petit (même si on trouve cela encore trop lent !) on arrive à voir réellement de bons résultats. Je reste persuadée qu’il faut d’abord faire ce travail sur nous, chez nous avant de demander aux grands concours de nous accepter ❤️

  8. Magnifique article qui dit des choses vraies malheureusement. Mayotte on est encore loin notre mentalité hélas. Moi la 1ère sans me rendre compte, j’ai eu aussi critiqué les miss métisses qui ne parlent pas notre langue car elle ne représentait pas la femme mahoraise. En te suivant sur snap, tu m’as beaucoup influencé sur ma façon de voir les choses. Peu importe qu’elles soient métisses ou mahoraise de souche (je ne sais pas si ça se dit 😉) mais nous devons quoi qu’il en soit les soutenir. Bref comme tu l’as dit nous devons d’abord faire un travail sur nous même.

    1. ❤️je suis touchée de ton message merci beaucoup ça nous donne espoir qu’avec le dialogue et le partage on peut trouver notre équilibre. Oui je te rejoins sur le fait que c’est mieux de parler une des langues lorsque l’on est ambassadrice, c’est un plus mais encore une fois tout dépend de ce que l’on attend de notre miss et des objectifs que l’on fixe sur le titre. Effectivement à Miss France on ne lui demandera pas de parler mahorais mais on l’a bien vu avec Vaïmalama, elle a durant son année été l’ambassadrice de la France ET de Tahiti, en nous apprenant à dire bonjour et merci… lorsque la miss va à l’étranger (sachant que la France c’est déjà l’étranger qlq part), on lui demandera systématiquement de dire qlq mots dans sa langue régionale, car cela fait parti de nos spécificités… bref, tout dépend du référentiel et de ce que l’on veut.

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